
Xavier Moreau
En novembre 2009, lors du congrès du parti “Russie Unie”, lors d’une intervention de près de deux heures, le premier ministre Vladimir Poutine et le Président Dimitri Medvedev ont présenté la modernisation de la Russie comme un enjeu vital pour l’avenir du pays. Cette modernisation concerne bien entendu les aspects technologiques, comme l’illustre la future Silicon Valley de Skolkovo ou le projet de développement des nanotechnologies RosNano. La modernisation concerne également deux tares héritées de l’expérience soviétique et des années Eltsine, le socialisme et la corruption. La corruption est un problème souvent évoqué, le socialisme l’est moins. Le socialisme s’est insinué profondément dans la société russe. Il contrarie fortement les processus de décision ou de production. L’irresponsabilité, le manque d’autonomie et l’absence de subsidiarité dans la direction des entreprises sont des difficultés que tous les entrepreneurs doivent affronter en Russie. Il ne suffit donc pas à la Russie d’importer des technologies, il lui faut changer radicalement son mode de “gouvernance”, que ce soit dans la fonction publique ou les entreprises privées.
L’enjeu de cette modernisation est parfaitement compris par le Président Medvedev. Il ne doit pas être assimilé à une quelconque occidentalisation. C’est d’ailleurs ce que rappelait récemment, le plus brillant de ses conseillers, Arkady Dvorkovic. Le Président Medvedev n’a d’ailleurs pas hésité à inviter la Chine à participer à cette modernisation de la Russie. Il semble d’ailleurs que les Russes veulent répéter le modèle de développement chinois : accepter avec humilité le soutien et les investissements occidentaux, pour construire une puissance moderne, sans renoncer pour autant à ce qui fait l’identité de la nation russe.
C’est sans doute ce en quoi consiste le « national conservatisme » revendiqué par « Russie Unie » : la modernisation, dans le respect, des traditions russes.
Il ne s’agit en aucun cas d’une soumission au modèle occidental. L’Occident a perdu depuis longtemps, aux yeux des Russes, sa “supériorité” morale, du fait de l’extermination de populations civiles en Irak, en Serbie, en Afghanistan, ou en Ossétie, mais aussi de l’installation de pouvoirs islamiques radicaux en Bosnie ou en Afghanistan ou encore islamo-mafieux au Kosovo.
Plus encore le modèle consumériste et ultralibéral anglo-saxon a montré son incapacité à garantir la prospérité des peuples européens. L’Occident n’a plus à exporter que sa seule idéologie du métissage et de l’homosexualité. La grotesque « gay pride » de Belgrade est symbolique, à cet égard, de cette perte de légitimité du modèle occidental. 6000 policiers et forces spéciales venus de la Serbie profonde pour protéger 500 « gays », seuls habilités par une invitation à pouvoir atteindre le centre-ville. Tout ceci à la seule fin de recevoir un satisfecit de l’Union Européenne et des Etats-Unis ! Et l’on vit défiler des représentants de tous les pays occidentaux, lesquels prétendaient donner des leçons de liberté à un peuple qui aura tenu en échec, sur son territoire, successivement les Turcs, les Nazis et l’OTAN. L’obscénité, ce n’est d’ailleurs pas tant ce défilé ridicule, que la débauche des moyens déployés dans un pays marqué par la crise.
Non la modernisation en Russie ne sera pas l’occidentalisation, car l’Occident de ne fait plus rêver ! Et il faut le dire haut et fort : nous sommes justement là dans ce renversement du monde dont parlent tant Aymeric Chauprade sur le plan géopolitique qu’Hervé Juvin sur le plan économique. Le renversement du monde c’est que l’Occident ne fait plus référence et que la modernisation n’est plus nécessairement une occidentalisation.
Ainsi, faute d’avoir pu vaincre les soldats serbes et russes au Kosovo ou en Ossétie, il ne reste plus à l’OTAN qu’à faire monter ses colonnes de gays à l’assaut des âmes serbes et russes.
Xavier Moreau

Xavier Moreau










