Passation de pouvoir Poutine / Medvedev

Publié par le 24 septembre 2011 dans Éditoriaux - 9 commentaires
Passation de pouvoir Poutine / Medvedev
Xavier Moreau

Xavier Moreau

Dimitri Medvedev vient d’inviter Vladimir Poutine à devenir le prochain Président de la Fédération de Russie. De son côté, Vladimir Poutine a invité Dimitri Medvedev à devenir le Président du “Front Populaire”, le mouvement qui doit représenter “Russie Unie” aux élections de la Douma. Les lecteurs de Realpolitik ne sont sans doute pas surpris par cette annonce. Nous avions il y a juste un an (http://www.realpolitik.tv/2010/09/poutine-medvedev-le-mythe-de-la-discorde-ou-quand-loccident-se-fait-plaisir-au-detriment-de-la-realite/) expliqué que le conflit Poutine Medvedev n’avait aucune réalité, mais qu’il correspondait au secret espoir des atlantistes, désespérés devant le retour de la puissance russe.

La presse occidentale emploie désormais un ton à la limite du mépris pour Dimitri Medvedev, dont elle ne pardonne pas la loyauté vis-à-vis de Vladimir Poutine. Le dernier en date, celui d’Arnaud Kalika (http://fr.rian.ru/discussion/20110919/191124216.html) est un modèle du genre, mélangeant allègrement considérations psychologiques et touristiques sur la Russie et ses dirigeants.

En épargnant à la Russie un affrontement au sommet de l’État, Dimitri Medvedev a démontré qu’il était de la même trempe que son mentor. Vladimir Poutine renonça lui aussi à la présidence, il y a quatre ans, estimant que la consolidation des institutions russes était plus importante que son ambition personnelle.

Avec cette annonce, Poutine et Medvedev procurent à la Russie cette stabilité politique, sans laquelle aucune des réformes menées depuis 2000 n’auraient pu être réalisées. C’est d’ailleurs la poursuite de ces réformes qui constituera le grand défi de la nouvelle Présidence de six ans de Vladimir Poutine.

Photo : Dimitri Medvedev au sommet du G8 à Deauville en mai 2011. Crédit : France Diplomatie, ©Alix.Elysée

À propos de l'auteur

Saint-Cyrien et officier parachutiste, titulaire d'un DEA de relations internationales à Paris IV Sorbonne, spécialisé sur les relations soviéto-yougoslaves pendant la guerre froide. Fondateur d'une société de conseil en sûreté des affaires, installé en Russie depuis 12 ans, travaillant également sur l'Ukraine, le Kazakhstan et la Serbie.

9 commentaires sur "Passation de pouvoir Poutine / Medvedev"

  1. lecteur assidu 24 septembre 2011 à 6:15 · Répondre

    Bel exemple d’intégrité “patriotique”
    la Patrie avant l’ambition personnelle, la grande Famille avant son égo, si nos dirigeants pouvaient en prendre de la graine.

  2. Jean 25 septembre 2011 à 9:49 · Répondre

    Bonjour,

    Quand est il exactement de la démographie russe et de l’immigration. Je pose cette question car j’ai lu (le monde) que depuis l’aire Poutine/Medvedev, la natalité des russes était toujours en chute libre et que l’immigration était pire que chez nous.
    Je suis un peu surpris.

    Merci (même une explication en deux lignes).

  3. Xavier Moreau 26 septembre 2011 à 11:19 · Répondre

    La natalité russe s’améliore considérablement depuis 2005 avec en moyenne + 25000 naissances par an.
    Le problème est celui de la mortalité très élevée, mais la mortalité infantile continue de diminuer et les naissances devraient équilibrer les décès en 2013. L’immigration est pour une bonne part celle des Russes qui quittent les anciennes Républiques d’URSS. Pour toutes ces question, je vous conseille le blog “Dissonance”, d’Alexandre Latsa.

  4. Sylvain 26 septembre 2011 à 8:50 · Répondre

    La ruse du tandem Poutine/Medvedev a bien fonctionné. Cependant pour oser faire cela à la puissance dominante, ils doivent avoir un plan solide. Pouvons-nous assister à un rapprochement avec la Chine et l’Asie en général? Comment pouvons-nous éviter que cela ne se transforme en conflit général? Est-ce que le plan de l’économiste américain Lyndon LaRouche peut-être accepté par les russes et chinois?

  5. Martin 27 septembre 2011 à 7:35 · Répondre

    C’est sûrement excellent pour la stabilité de la Russie, indispensable pour son développement.
    A quand une gestion intelligente de l’immensité forestière de ce pays ?

  6. lefevre 27 septembre 2011 à 7:36 · Répondre

    C’est sûrement excellent pour la stabilité de la Russie, indispensable pour son développement.
    A quand une gestion intelligente de l’immensité forestière de ce pays ?

  7. oodbae 7 octobre 2011 à 10:43 · Répondre

    Bonjour,

    La maxime dit: gouverner, c’est prévoir. Prévoir sa succession…. En 3 mandats à la tête de la Russie, M. Poutine n’a point laissé émerger de personnalité de premier plan qui puisse lui disputer le leadership. Evidemment, je ne compte pas M. Medvedev, qu’il serait facile de traiter de traître s’il faisait campagne contre son mentor. Je ne critique pas le choix de M. Medvedev de laisser la place à M. Poutine. Je m’interroge en revanche, et serais heureux de voir vos avis sur ce sujet, sur le bien-fondé du choix de M. Poutine de vouloir se représenter à la Présidence. Qu’a t il à apporter au pays qu’il n’aurait pas déjà pu apporter?
    On lit partout dans la presse alternative, j’entends alternative au dogme droit-de-l-hommiste pro-tchétchénien etc, que l’opposition, dite libérale, n’est pas du tout crédible du fait de son action du temps de Jeltsin et qu’elle est corrompue et vassale des intérêts de puissances extérieures telles les USA. Soit. Mais comment se fait il que M. Poutine et ses conseillers n’ont pu réussir à laisser émerger un contre-pouvoir politique? Comment ont-ils pu ne pas réussir à laisser émerger des personnalités politiques de premier rang, si ce n’est en réprimant toute opposition intellectuelle? Comment ont ils pu établir cette situation de politique intérieure où personne ne semble au mesure d’opposer aux programmes politiques de Russie Unie, canal Poutine, un ou des programmes à la fois alternatifs et sujets au compromis avec Russie Unie. Personne de serieux ne pourrait contredire l’idée que les russes sont assez brillants en tant que peuple pour produire des esprits aptes à proposer des solutions multiples aux problèmes politiques les plus complexes. Je veux dire qu’il serait imaginable que deux visions politiques distinctes prennent forme dans la vie publique russe, deux visions produites de l’intérieur et non imposées par des lobbies étrangers, dans un cadre dit démocratique où contester les choix du gouvernement ne signifie pas mener une guerre civile.
    On me répète souvent que les russes n’ont pas cette tradition dite démocratique du multi-partisme. Mais un regard en arrière sur le tsarisme puis sur la gouvernance du PC sous l’égide du premier secrétaire devrait clairement démontrer que la dictature mène systématiquement la Russie à sa perte. Or, ce fait que M. Poutine se maintienne au pouvoir, assurant (prétendûment)la stabilité interne du pays et une certaine assise internationale, sans volonté de se retirer ou de passer le flambeau, en apparence du moins, s’apparente au comportement d’un “dictateur éclairé”, éclairé certes mais dictateur quand même, ce qui à mon avis et au delà de ma perplexité devant la prétention d’un homme voulant régir un pays si grand de manière autoritaire, mènera encore la Russie à sa perte ou au moins à sa déchéance.

    cordialement,

    oodbae

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