Yves-Marie Adeline présente son dernier ouvrage “1914 Une tragédie européenne”, paru chez Ellipses en 2011. Quatrième et dernière partie.
1914 – Une tragédie européenne, par Yves-Marie… par realpolitiktv
En 1914, l’Europe gouverne le monde ; un habitant sur quatre est un Européen ou de souche européenne. Mais cette civilisation est la proie de tensions idéologiques, culturelles et territoriales graves, et pour remédier à ces tensions, elle ne dispose que de valeurs qu’elle croit fortes mais qui se révéleront superficielles.
Ce livre raconte le déclenchement de la Grande Guerre de 1914 comme une tragédie, au sens que lui donnaient les Grecs anciens : dès le commencement de l’histoire, toutes les conditions sont réunies pour que les événements tournent au pire. Il n’y a donc rien à faire pour l’éviter. D’autant qu’aux tensions habituelles va s’ajouter un engrenage technique imprévu qui emporte tous les acteurs vers la catastrophe.
Après une présentation générale du théâtre du drame et des puissances d’alors, aussi bien mineures que majeures, ce récit raconte les événements depuis la fin juin à Sarajevo jusqu’au milieu du mois de Novembre (quand le piège se referme tout à fait), mettant au jour des vérités ignorées, analysant les événements sans parti pris, offrant une vision panoramique jamais atteinte, et créant peu à peu un climat de suspense qui tient le lecteur en haleine. Plutôt qu’un requiem pour une Europe défunte, il est écrit dans un esprit équitable, réconciliateur, résolument européen (note de l’éditeur).

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1 commentaire sur "1914, une tragédie européenne, par Yves-Marie Adeline (4ème partie)"
Bonjour.
Bravo à Monsieur Adeline pour ce beau résumé de 1914.
J’ajouterai un petit détail, concernant les souverains de l’Époque. On ne connaît pas assez la personnalité du Roi de Serbie, Pierre Ier Karagjeorgjevic. Contrairement à tous les souverains européens – et aux Rois de Grèce, de Bulgarie et de Roumanie en particulier – il n’est pas issu du sérail dynastique des Windsor, Hohenzollern et Saxe-Cobourg-Gotha et est typiquement serbe, orthodoxe, marié à une princesse de même confession – Zorka de Monténégro- et descendant d’un chef d’insurrection anti-ottomane. Cela lui donne déjà une plus grande légitimité et une acceptation auprès du peuple serbe.
En outre, contrairement à ce que l’on pourrait penser, Pierre Ier est un souverain plutôt libéral. Quand il est installé au pouvoir suite à la révolution de palais de 1903 qui voit le renversement – sanglant – d’Alexandre Obrenovic (roi fou), il promulgue la liberté de la presse et instaure un parlement élu au suffrage censitaire. Et les libertés politiques sont aussi proclamées. En outre, il tend à faire de Belgrade une capitale moderne. Son modèle de Monarchie étant celui de la Grande-Bretagne.
Et puis, comme Monsieur Adeline l’a bien souligné, Pierre Ier fait partie du réseau diplomatique français encerclant les puissances centrales. Formé à Saint-Cyr, francophone et ami de la France, il avait obtenu la Légion d’Honneur après s’être illustré contre les Prussiens en 1870. Il allait ensuite entamer des réformes de l’Armée Serbe en y incluant des “ferments” français.
Bien cordialement