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République bananière d’Ukraine, épisode 2, saison 2

République bananière d’Ukraine, épisode 2, saison 2

République bananière d’Ukraine, épisode 2, saison 2

Saison 2 : L’Ukraine après Maïdan

États-Unis 1 – Allemagne/France 0

Xavier Moreau

Xavier Moreau

Nous évoquions dans notre dernière analyse les influences auxquelles le Président Porochenko était soumis. D’un côté un bloc américano-bruxello-oligarcho-national-socialiste, de l’autre côté la France et l’Allemagne qui tentent de réparer l’aventurisme auquel, il faut bien le reconnaître, Berlin a à l’origine largement contribué. Faute de relais suffisants à Kiev, Paris et Berlin sont pour l’instant tenus en échec. Le Département d’État américain n’a d’ailleurs pas autorisé le Président ukrainien à se rendre à Rio, où une rencontre avec le Président russe et la Chancelière Merkel auraient pu l’éloigner de la guerre totale contre les Ukrainiens de l’est, que Washington exige.

C’est la solution radicale réclamée par le « Pravy Sektor » et Igor Kolomoïski qui est suivie par Kiev. Le Président Porochenko est sous la coupe des ultras et a manqué d’utiliser à son avantage la « divine surprise » de Slaviansk. La chute de cette ville aurait été un moyen d’aborder, en vainqueur, les négociations avec la Nouvelle Russie. Au lieu de cela, nous avons eu droit à une succession de discours aussi belliqueux que ridicules. Vraisemblablement, le Président ukrainien se méprend sur ce qui s’est réellement passé à Slaviansk. Sans doute est-il désinformé à dessein par ses services de renseignements et son état-major, totalement sous la coupe de Washington et des néo-nazis ukrainiens. L’ancien Président par intérim, Alexandre Turchinov, a d’ailleurs affirmé avoir été désinformé pendant trois mois, par ces mêmes services, sur la réalité d’une invasion russe. Rappelons que les services secrets ukrainiens sont dirigés par Valentin Nalyvaichenko, ancien consul général d’Ukraine à Washington, et que la CIA a établi ses bureaux au sein même du bâtiment du SBU.

Que s’est-il passé à Slaviansk ?

Nous avons souligné que les opérations militaires dans l’est de l’Ukraine appliquaient les règles de la guerre « américaine » : éviter le contact direct avec l’armée adverse et destruction systématique par bombardement, des villes, des infrastructures, et des populations insoumises. Il s’agit de faire plier les unités armées, qui ne supporteront pas de voir leurs familles, ou leurs villes, écrasées sous un tapis de bombes.

Ces bombardements terroristes avaient réussi en Yougoslavie, où le faible Milosevic avait capitulé alors que son armée était restée invaincue, sachant que l’OTAN n’aurait jamais osé attaquer l’armée serbe sur son territoire. Ils avaient échoués en Ossétie, car la Russie, mandatée par l’ONU, avait pu intervenir à temps pour protéger son détachement et les populations ossètes de l’épuration ethnique. Ils ont réussi à Slaviansk où les unités du Donbass se sont retirées de la ville, devenue un champ de ruines. Ce que le Président Porochenko n’a pas compris, ou qu’on ne lui a pas expliqué, c’est que cette évacuation réussie des unités du Donbass ne reflète pas la montée en puissance de son armée, mais sa faiblesse inquiétante, et ce pour trois raisons :

– Jamais les unités de Kiev n’ont osé pénétrer dans Slaviansk, tant que les rebelles s’y trouvaient. Les soldats ukrainiens sont majoritairement démoralisés, et ne veulent pas mourir pour les oligarques de Kiev. La garde nationale se bat mal et « Pravy Sektor » préfère les opérations de police et de répression dans les villes où la résistance n’est pas organisée, comme Dniepropetrovsk, Kharkov ou Marioupol.

– Slaviansk était donnée pour encerclée, et pourtant, le colonel Strelkov a percé, sans difficultés, avec 90% de son effectif et la quasi-totalité de ses blindés. Soit les forces de Kiev sont totalement incompétentes, soit elles ne sont pas loyales et ont laissé passer les troupes de Strelkov, soit elles sont corrompues. Ce mal s’est en effet répandu dans les troupes kiéviennes, qui vendent leur armement et qui pallient ainsi leur manque de solde, de munitions et même d’eau et de nourriture. Dans les trois cas, la seule chose que Kiev peut retenir de l’expérience de Slaviansk, est qu’il faut trois mois pour prendre une ville de 130 000 habitants, difficile à défendre, après l’avoir transformé en champ de ruines. Combien de temps pour prendre le bastion de 400 000 habitants de Lougansk, à 30 km de la frontière russe ? Combien de temps pour Donetsk et sa banlieue avec 1 600 000 habitants ? Les deux villes ont eu trois mois pour préparer leur défense, possèdent des armes anti-aériennes, de l’artillerie et des lance-roquettes multiples. Contrairement à Kiev, elles ne les utilisent non pas contre les immeubles d’habitation, mais contre les colonnes des troupes kiéviennes. En sécurité à l’intérieur des deux bastions, l’armée de Nouvelle Russie a repris l’initiative. Depuis que Slaviansk est tombée, les troupes ukrainiennes se font tailler en pièces à la périphérie des deux villes et le long de la frontière russe, où leurs forces s’étirent dangereusement, risquant être cisaillées en plusieurs morceaux. L’initiative stratégique est désormais du côté du gouvernement de la Nouvelle Russie.

L’armée kiévienne peut-elle raser Lougansk et Donetsk ?

En théorie rien de l’en empêche. C’est même ce qu’elle a commencé à faire, notamment le 18 juillet. Mais la partie s’annonce difficile. Les pilotes qui ont encore le courage de décoller ont une chance sur deux de se faire abattre à bord de leur SU 25, et survoler la région à bord d’un MI 24 ou d’un MI 8 ressemble de plus en plus à une tentative de suicide. Il reste donc l’artillerie lourde et les lance-roquettes multiples (orgues de Staline pour les néophytes) qui ont donné de bons résultats contre les civils de Slaviansk au point de provoquer son évacuation par les combattants de la DNR (République Populaire du Donbass). Étant donné l’état de l’armée ukrainienne à l’heure actuelle, les représailles par bombardements semblent être la seule option possible. Par rapport à Slaviansk les Kiéviens ont cependant deux handicaps :

– Les villes sont beaucoup plus grandes donc plus difficiles à encercler.

– Étant donné leur portée, les pièces d’artillerie doivent se trouver à moins de 40 km de la périphérie des villes. Contrairement à Slaviansk, les bastions disposent de réserves, pour infiltrer et détruire les batteries ou les convois de ravitaillement. En outre, ils peuvent mettre en œuvre, également, des lance-roquettes multiples et de l’artillerie lourde, et se sont montrés capables d’effectuer des tirs de contre-batterie efficaces.

Les deux autres options de Kiev :

– Slaviansk est tombée car l’armée de Kiev a réussi à détruire les infrastructures énergétiques et sanitaires. C’est la vulnérabilité de ces infrastructures qui doit être évaluée pour savoir si les bastions peuvent tenir. Nous ne sommes pas capables d’estimer cette vulnérabilité pour l’instant. À ce stade, il est important de souligner que la destruction de Slaviansk a montré que Kiev pourrait empoisonner l’eau du Donbass sans qu’aucune information à ce sujet ne filtre dans la presse occidentale, française en particulier. S’imaginer qu’une crise humanitaire pourrait changer quelque chose au soutien de l’occident à Kiev est une grossière erreur. Les journalistes français ont vraisemblablement été intégrés au sein même des unités de représailles.

– Kiev a infiltré au sein des deux bastions des groupes de combattants, soit en civil, soit aux couleurs de la Nouvelle Russie. Ces groupes mènent une politique de terreur à l’intérieur des villes, en tirant à vue sur les populations civiles. Ils vont forcément mobiliser une partie des forces limitées des rebelles, mais à moins d’être jumelée à une opération militaire plus vaste de prise d’assaut des bastions, leur efficacité sera limitée. Les bastions échappant à la propagande massive de Kiev, la population locale, peut même y voir une motivation supplémentaire de soutenir la Nouvelle Russie.

Que fait la Russie ?

La position russe est plus confortable qu’il n’y paraît. Il y a certes un fort lobby pro-intervention, qui considère que la Russie doit intervenir rapidement, quelques soient les risques de sanctions par les pays occidentaux. Les partisans de cette voie considèrent qu’il ne faut pas laisser le temps à Kiev de monter en puissance, et de mobiliser la totalité de son armée, soit 400 000 hommes qui pourraient ensuite se tourner vers la Crimée, moyennant quoi la Russie serait de toute manière obligée de rentrer en guerre. Ajoutons que les bombardements mortels ukrainiens sur le territoire russe ont particulièrement ému la population.

La position qui domine actuellement au Kremlin repose sur un autre postulat, qui est que dans 3 à 4 mois l’Ukraine va imploser économiquement et exploser socialement, y compris dans le centre et l’ouest du pays. Le fait de ne pas intervenir au moment de la chute de Slaviansk a privé Kiev de son seul ennemi, coupant l’herbe sous les pieds de ses organes de propagande. Désormais, dans le meilleur des cas, les forces armées de Nouvelle Russie détruiront l’essentiel des forces de Kiev présentes sur son territoire, s’ouvrant, les routes vers Marioupol, Kharkov, Odessa et Dniepropetrovsk, où des soulèvements locaux, permettront de chasser Igor Kolomoïski et ses milices du « Pravy Sektor ». La Nouvelle Russie étendra ainsi ses frontières et recouvrera la partie la plus riche de l’Ukraine. Dans le pire de cas, les combats continuent autour de Lougansk et de Donetsk, et la crise économique et énergétique forcera de toute manière Kiev à s’assoir à la table des négociations. Ajoutons que des actes de rebellions et de sabotage commencent à se produire sur le reste du territoire ukrainien ce qui obligera Kiev, si cela se répète, à diluer encore plus ses maigres effectifs. Ces actes de guérilla ont eu lieu à Odessa, Nikolaïev et Marioupol, pourtant sous le contrôle des milices de « Pravy Sektor ». Même à Jitomir, des actes importants de sabotage dans une usine d’armements ont été dénoncés par le gouvernement ukrainien.

Parallèlement, le mouvement des mères de soldats, dont nous parlions dans notre dernière analyse, prend de plus en plus d’ampleur. C’est le cas à Lvov, à Ternopol et Ivano Frankovsk (les vidéos dans ces deux villes ont été effacées par Youtube…) toujours dans l’ouest de l’Ukraine. Rappelons que dans cette région, les électeurs ont voté massivement pour Porochenko, donné comme le Président de la paix. Le problème des soldats tués ou disparus va aller en s’amplifiant. Nous pensons, comme Oleg Tsarev, que les pertes de l’armée ukrainienne sont dix fois plus nombreuses que celles annoncées officiellement, soit environ 4500 soldats depuis le début du conflit. Les différents témoignages des soldats ukrainiens confirment le manque de munitions, de nourriture et d’eau. En ce qui concerne les réfugiés ukrainiens qui ont choisi de partir vers Kiev et non pas vers Moscou, ils se retrouvent SDF, sans aucune structure prévue pour les accueillir, et sont même considérés comme des ennemis.

Cette situation devient de plus en plus intenable pour Kiev qui, bien que les chaines russes soient censurées, ne peut contrôler internet. Les habitants de Kiev font désormais semblant de croire la propagande télévisée. Ne nous y trompons pas. Tout en étant parfaitement au courant de ce qui se passe dans l’est de l’Ukraine, les Kiéviens ne veulent pas savoir. L’atmosphère à Kiev est donc assez délétère, car si la propagande ment, alors Maïdan est à l’origine des pires massacres en Ukraine depuis la deuxième guerre mondiale et ses participants sont complices de cette extermination de masse, au moins par leur passivité. Cette propagande n’évite d’ailleurs pas le ridicule. Ainsi, la clochardisation de Maïdan, que nous évoquions dès le mois de mars, est désormais mise sur le compte d’une opération du FSB par le ministre de l’intérieur, Arsen Avakov en personne. Encore plus grotesque fut l’organisation d’une exposition à Kiev des armes prises à Slaviansk. Il s’agissait de prouver que ces armes provenaient de Russie. Le problème est que, le type d’armes et les dates de leur fabrication, prouvent en fait, qu’elles sont en Ukraine depuis 30 ans… Les journalistes russes ont eu du mal à cacher leur amusement.

À cela s’est ajouté le fait que 16 soldats ukrainiens ont trouvé refuge en territoire russe et y ont été soignés dans un hôpital de Gukovo, dans l’oblast de Rostov. Les rédactions des médias français ont donné l’ordre de ne pas évoquer cette information. De la même manière, la mort, pendant son interrogatoire, d’un journaliste ukrainien anti-Maidan, Sergeï Dolgov, a été passé sous silence. Il avait été enlevé, le 18 juin, par le bataillon « Dnepr. 1 » du « Pravy Sektor » à Marioupol, et il avait été emmené à Dniepropetrovsk, le fief d’Igor Kolomoïski, pour y être torturé.

La destruction du Boeing 777 malaisien comme symbole du délitement de l’État et de l’armée ukrainienne

Au moment où nous nous apprêtions à mettre cet article en ligne, la DCA ukrainienne a détruit, une nouvelle fois, un avion de ligne civil au-dessus de son territoire. La première fois en octobre 2001, Kiev avait d’abord nié, puis avait attendu une semaine pour reconnaître sa responsabilité. Gageons que le processus sera identique même si, étant données les circonstances, il prendra plus de temps. Cela a donné l’occasion à Pierre Servent de raconter tout et n’importe quoi, comme à son habitude. Réjouissons-nous qu’un de ses amis l’ait prévenu de ses âneries, entre sa réponse au Figaro et son interview sur France 2. Dans la même catégorie de pseudo expert, on trouve François Heisbourg, pourtant membre de la Fondation pour la Recherche Stratégique. Ce Danube de la pensée militaire ignore que les BUK en service dans l’armée ukrainienne sont une version ancienne et ne sont pas « très modernes » (introduits en 1998), que les « séparatistes » n’en n’ont récupéré qu’un exemplaire et qu’ils n’ont jamais réussi à le faire fonctionner. Mais même si cela avait été le cas, quelle serait la faisabilité du tir. Le BUK M1-2 peut détecter et détruire une cible dans un rayon de 45 km jusqu’à une altitude de 25000 mètres. Pour un avion de ligne volant à 10500 mètres à 950 km/h, cela suppose une fenêtre détection et de tir de 4 minutes environ. C’est donc tout simplement impossible pour un seul système et même très difficile pour plusieurs batteries de missiles. Ce qui veut dire que contrairement à ce que racontent les pseudo-experts dans la presse française, le BUK n’est pas le seul suspect. Les systèmes S-200 (celui utilisé en 2001) ou S-300, ou encore la chasse ukrainienne sont des coupables tout à fait possibles. La palme de l’analyse la plus stupide revient comme toujours à Bruno Tertrais (encore la FRS… Par pitié rendez-nous Isabelle Facon). Incapable de faire la différence entre un AK-47 et un T-90, L’homme nous avait déjà vendu avec passion et conviction les armes de destruction massive en Irak. Il récidive pour Le Figaro en nous confirmant qu’il ne sait pas lire une carte.

Avec des conseillers de ce niveau, notre ministère de la Défense a du souci à se faire.

Xavier Moreau

Crédit photo : photoswebpm via Flickr (cc)

Auteur

Xavier MoreauSaint-Cyrien et officier parachutiste, titulaire d'un DEA de relations internationales à Paris IV Sorbonne, spécialisé sur les relations soviéto-yougoslaves pendant la guerre froide. Fondateur d'une société de conseil en sûreté des affaires, installé en Russie depuis 14 ans, travaillant également sur l'Ukraine, le Kazakhstan et la Serbie.Voir toutes les publications par Xavier Moreau →

30 commentaires

  1. Thomas
    Thomas19 juillet 2014

    Merci; les analyses de Jacques Frère au quotidien sur les combats en Nouvelle Russie sont aussi pertinentes pour suivre cette crise :

    http://www.nationspresse.info/mondialisme/atlantisme/ukraine-donbass-washington-lance-une-campagne-de-desinformation-sur-le-crash-du-boeing

    Vive la Nouvelle Russie !

  2. GG
    GG19 juillet 2014

    Ah, ça fait du bien de lire un article aussi optimiste. Merci M. Moreau.

  3. Sylvain
    Sylvain19 juillet 2014

    « la DCA ukrainienne a détruit, une nouvelle fois, un avion de ligne civil au-dessus de son territoire. »

    De plus en plus fort en matière de parti pris ici…

    A l’heure actuelle il n’y a encore aucun élément tangible pour accréditer une thèse ou une autre et l’enquête risque d’être longue, comment pouvez-vous être ainsi totalement affirmatifs ??

    Donnez au moins vos éléments : Vous critiquez les « pseudo-exprerts » mais vous ne faites pas mieux !
    En quoi les thèses d’un tir russe ou provenant des séparatistes pro-russes sont totalement écartées à l’heure actuelle ?

    En tout cas être affirmatif comme vous l’êtes à ce stade là des éléments montre que vous prenez de moins en moins de recul et vous fanatisez à chacun de vos articles…

    • Realpolitik.tv
      Realpolitik.tv19 juillet 2014

      1) Ce n’est pas la Russie qui a abattu un avion sur le territoire ukrainien.
      2) Ce ne sont pas les rebelles qui n’en n’ont pas les moyens techniques.
      3) C’est donc l’armée ukrainienne, qui a une nouvelle fois fait une erreur de tir.

      Après, l’Histoire jugera…

      Xavier Moreau

      • Sylvain
        Sylvain19 juillet 2014

        Quels sont vos éléments ?
        Et je parle bien d’éléments techniques vérifiables et traçables par tous, pas de témoignages sur tel ou tel média

        Merci d’avance

        • moderato si cantabile
          moderato si cantabile19 juillet 2014

          Mais..Sylvain, êtes-vous « bouché » ?
          Si :
          – les rebelles n’ont pas les moyens de le faire (fait reconnu par le ministre de l’intérieur ukrainien, lui même)
          – les Russes ne l’ont pas fait non plus…sinon on aurait des preuves comme s’il en pleuvait
          Bon, il ne reste que le régime de Kiev, les martiens ou alors un « terroriste » à bord, mais…avec les moyens mis en place dans les aéroports en Occident, c’est pas très possible…sauf si le personnel de cet aéroport l’a fait…en tout cas ce ne sont pas les « coupables » que l’OTAN veut, derrière tout ça.

          Et merci Monsieur Moreau, pour tous vos articles !

      • Eleutheria
        Eleutheria19 juillet 2014

        Bonjour M. Moreau et merci de vos explications.

        Je ne suis toutefois pas convaincu par votre argument numéro 2. Vous expliquez dans l’article que :

        « Pour un avion de ligne volant à 10500 mètres à 950 km/h, cela suppose une fenêtre détection et de tir de 4 minutes environ. C’est donc tout simplement impossible pour un seul système et même très difficile pour plusieurs batteries de missiles. »

        Une fenêtre de 4 minutes paraît effectivement courte mais je ne comprends pas en quoi c’est impossible pour un seul système si un avion passe juste au-dessus.

        Les séparatistes prétendent que leur Buk ne fonctionne pas, et c’est peut-être vrai mais nous n’avons que leur parole pour soutenir cette affirmation.

        • Charles
          Charles20 juillet 2014

          Ce n’est pas une question de parole des uns ou des autres. 1/8e de l’article de Xavier Moreau est consacré à la destruction de l’avion malaisien, mais ce sont finalement les 7/8e précédents qui donnent la raison de ce crime : les sévères revers des troupes de la junte atlanto-nazie de Kiev et la panique qui la gagne.

          • Eleutheria
            Eleutheria20 juillet 2014

            Certes, cela constitue un mobile crédible pour Kiev, mais un mobile n’est pas une preuve. Or, Xavier Moreau est très catégorique dans ses affirmations, et j’aimerais comprendre pourquoi.

          • Sylvain
            Sylvain20 juillet 2014

            Un mobile n’est en rien une preuve…
            Surtout que chacun voit la situation à travers son prisme
            Honnêtement à ce stade je vois difficilement comment on peut privilégier une quelconque thèse…
            Des tas de questions se posent : Tir volontaire ? Erreur de cible ? Missile sol-air ? Air-air ?
            Et encore je ne fais qu’en poser que quelques-unes…

        • oodbae
          oodbae22 juillet 2014

          @eleutheria:
          Il y a une chaine de commandement a remonter et a redescendre pour ordonner d’abattre un avion volant a cette altitude. Si le radar detecte l’avion, il ne peut pas definir immediatement si c’est un avion espion, un bombardier ou un avion de ligne. C’est pour cela qu’il faut plusieurs batteries et plus de temps pour identifier clairement l’appareil et ordonner le tir.

  4. Sophiane
    Sophiane19 juillet 2014

    Excellent article très complet et surtout dépassionné, qui permet d’avoir une vraie vue objective sur ce qui se passe !

  5. Cyril
    Cyril19 juillet 2014

    Vos articles sont vraiment intéressants avec un style agréable et une écriture que je qualifierai de « Rapide »,. J’ai découvert votre site depuis peu avec d’autres sites plus objectifs dans l’analyse. J’avais une approche curieuse et intéressé pour la Russie, elle se confirme de plus en plus pour des raisons personnelles maintenant, Cependant je conserve une certaine distance sur certains points, j’approuve l’essentiel de votre article sur l’Ukraine, un peu moins l’origine de la destruction de l’avion, Le passage d’armes sur la frontière Russie/Dombass me semble un peu évident, voir logique, on nous a présenté des commentaires postés sur par les forces de l’EST sur la destruction d’un AN 26, ces commentaires ont ensuite été supprimés, il me semble que c’était sur VK. On pourrait dans ce cas admettre l’utilisation d’un missile BUK et un manque de compétence dans son utilisation ?? ce qui dédouane de fait l’implication de la Russie, c’est assez amusant de voir les journalistes Français expliquer qu’il y avait des experts Russe. J’imagine mal la Russie prendre un tel Risque aussi. Je pense vraiment a une bavure de la part des force de l’Est ??

  6. Zabo
    Zabo19 juillet 2014

    Merci mille fois pour cet éclairage ! Il y a aussi cet aiguilleur du ciel, espagnol qui suivait l’avion et assure que Kiev a annoncé beaucoup trop tôt le crash « comment pouvaient-ils savoir? « dit-il ! Quos vult perdere Jupiter dementat, voilà peut-être un faux pas révélateur !

  7. Philippe
    Philippe19 juillet 2014

    Merci de nous remonter le moral, par votre analyse de qualité, visiblement bien renseignée.
    Pour revenir à l’attentisme calculé de Vladimir Poutine on a toujours dit que les Russes avaient l’habitude de faire un pas en arrière pour en faire ensuite, deux en avant : leurs grands espaces le leur permettant. Comme vous, je pense que Poutine laisse Kiev s’enferrer dans ses divisions internes auxquelles s’ajouteront un hiver prochain, sans gaz russe. A contrario, aidé par les atlantistes , Kiev peut être tenté de jouer son va-tout d’ici septembre-octobre prochains ! Votre étude sur la portée de ses pièces d’artillerie, ses LRM, son aviation, ses pertes, le moral de ses troupes est pertinente. Reste à savoir comment l’Allemagne et la France vont réagir aux injonctions de Washington, face au Traité transatlantique mené tambour battant et la livraison des deux porte-hélicoptères ? Quant à savoir qui est responsable d’avoir abattu l’avion de ligne civil ? L’hypothèse du « false flag » dont les Etats-Unis sont devenus des experts n’est pas à écarter.

  8. Frederic
    Frederic19 juillet 2014

    Merci pour votre bulletin d’information de cette partie du monde monsieur Moreau.

    D’autres font le même travail pour d’autres foyers actives par ces mêmes incendiaires qui tôt ou tard, mais vraisemblablement plus tôt que prévu vont devoir rendre des comptes.
    Pour nos experts, que dire de plus…et de nos dirigeants…
    Avec toute l’empathie que je peux générer, je n’arrive pas à les comprendre, mais bon je les prends comme ils sont. C’est peut-être cela le sens de la vie?

    Rappel: quel pays pratique le plus le jeu d’échec ? C’est une culture de l’Esprit, ça ne s’achète pas, ça ce vie.

    Biens à vous

  9. Frédéric
    Frédéric19 juillet 2014

    Lol, le « spécialiste » fait d’énormes bourdes également ! C’est au moins 2 exemplaires au moins de Buk sont au mains des rebelles avec photos a l’appui. Et beaucoup pense qu’il s’agit de 3 TEL au moins qui ont étaient capturé. Quand a la séquence de tir d’un SAM. Viser une cible a vitesse et altitude constante qui n’a pas de contre mesures n’est pas sorcier pour dans doutes des « anciens » militaires qui ont fait leur service dans la DCA (doit on rappeller que la défense antiaérienne soviétique employer plus de monde que la totalité de l’armée française actuelle ?).

    • oodbae
      oodbae22 juillet 2014

      l’armee syrienne avant 2009 employait aussi plus de personnels que l’armee francaise actuelle

  10. DUGUESCLIN
    DUGUESCLIN20 juillet 2014

    Je découvre votre site et je m’en félicite.
    Vos analyses sont cohérentes et appellent à la réflexion.

    En ce qui concerne le crash du 777, le fait de procéder par déduction permet d’en cerner, au moins partiellement, l’origine.
    Si on exclue un attentat à bord il reste une cause externe c’est à dire un missile sol-air ou air-air.
    Le ministère de l’intérieur ukrainien affirme que les forces du Donbass n’avaient pas les moyens d’atteindre le Boeing 777 ne possédant ni avion de chasse ni de moyen sol-air utilisable, tout en affirmant comme le fait Obama que le tir vient du territoire du Donbass et qu’il en a les preuves(non produites)
    Il reste donc deux acteurs possibles:.

    1) l’armée russe (intervenant au Donbass d’après Obama))
    2) l’armée ukrainienne

    Quel aurait été l’intérêt de la Russie dans une telle action? Quel profit politique la Russie pourrait-elle tirer de cet acte, alors qu’elle sait que dans tous les cas de figure c’est elle qui aurait été désignée comme coupable? Quand à une bavure elle est difficile à envisager compte tenu des moyens techniques permettant l’identification fiable de la cible dans un contexte où les précautions sont de mise.

    Quel aurait été l’intérêt du pouvoir de Kiev? Aucun à priori. Soit qu’il s’agit d’une bavure compte tenu de l’état d’abandon de l’armée ukrainienne depuis plusieurs décennies, ou d’un acte volontaire.
    Si c’est une bavure, le pouvoir ukrainien, déjà en difficulté, n’est pas prêt de le reconnaître;
    Si c’est un acte volontaire la thèse d’avoir voulu détruire l’avion transportant le président Poutine serait possible, bien qu’il est peu probable que Poutine ait survolé l’Ukraine à son retour du Brésil, puis qu’aucun avion russe ne survole cette zone dangereuse.

    La conclusion c’est que la probabilité la plus forte soit une erreur ukrainienne qui n’est pas une première.
    Dans ce contexte tout est utilisé pour discréditer la Russie.
    Obama reconnaît que le tir vient du territoire séparatiste pour faire croire que l’armée russe intervient en Ukraine et du même coup, couvre l’erreur plus que probable de l’aviation ukrainienne.
    Mais quand les preuves seront produites il sera trop tard et dans l’esprit de beaucoup la Russie restera coupable.

    • oodbae
      oodbae22 juillet 2014

      et oui, c’est le syndrome d’Outreau. on est designé coupable parce qu’on est le coupable idéal pour orienter les masses. On appelle ça la curée.

  11. ODIN
    ODIN20 juillet 2014

    Félicitations pour votre appréciation des deux « journalistes français, des nuls de chez nul. Dans cette affaire ukrainienne, il est clair que les vipères lubriques américaines, désinforment à tout va. Monsieur Moreau, nous sommes français tous les deux et je pense que comme moi vous n’êtes pas fier de nos médias pourris qui nous prennent pour des tarés lobotomisés.
    Pour terminer, rappelez aux sceptiques de ce sîte, que la marine US, n’a pas hésité en 2001 d’abattre par un tir de missile un avion de ligne iranien dans les eaux internationales, et on attend toujours les excuses US.

  12. Vanderperren
    Vanderperren20 juillet 2014

    Les explications que ce ne peut être les rebelles prorusses se trouvent sur le site d’Olivier Berruyer les crises-fr. La fameuse vidéo, preuve montée de toute pièce, contredit les lois de la physique élémentaire.

    Il suffit d’avoir des connaissances en physique niveau lycée pour comprendre qu’il a bien été abattu sur le territoire géré par les cinglés de Kiev.

  13. ALTHUSIUS
    ALTHUSIUS20 juillet 2014

    La grande manip est toujours très active; cf l’avion abattu que les services ukrainiens ont immédiatement raccroché aux russes et aux séparatistes. Là encore je renvoi au site Les Crises qui fait une excellent travail de contre-feu idéologique et de ré-information http://www.les-crises.fr/mh17-suite/

  14. ALTHUSIUS
    ALTHUSIUS20 juillet 2014

    http://voix.blog.tdg.ch/archive/2014/07/20/deuil.html Ce site très courageux doit aussi être régulièrement consulté

  15. GG
    GG21 juillet 2014

    Au sujet de cet avion, les Russes présentent leurs infos :
    En Anglais : https://www.youtube.com/watch?v=4bNPInuSqfs
    A voir aussi les éléments sur http://mil.ru/
    Si les Russes et les Américains pouvaient se battre à l’aide d’arguments et d’éléments de preuves comme celles-ci, le débat vaudrait le coup d’être suivi. La parole est aux américains, qu’ils présentent leurs preuves maintenant !

  16. Francis Moret
    Francis Moret22 juillet 2014

    Bonjour,

    par rapport à cet avion j’avais vu une hypothèse sur une erreur de cible, l’avion présidentiel russe IL-96 et le boeing 777 ayant des couleurs similaires (bleu-rouge et blanc-bleu-rouge, les 2 sur fond blanc).Poutine était-il visé? Sauf erreur un avion civil avait déjà fait les frais d’une erreur de ciblage mais pour Kadafi à l’époque (je crois que c’était en Italie). Quelqu’un a-t-il des infos?

    lien de l’info : http://www.lesoir.be/602710/article/actualite/monde/2014-07-18/crash-en-ukraine-vladimir-poutine-etait-il-vise

  17. Sylvain
    Sylvain24 juillet 2014

    Il semble que même parmi les séparatistes la thèse d’un missile sol-air soit maintenant évoquée ouvertement :

    Dans cet interview, le chef séparatiste « Alexandre Khodakovski » estime vraissemblable que les rebèles aient disposés d’un Buk, et qu’ils l’aient tiré, et aient abattu l’avion civil par mégarde

    Dans sa théorie, les rebelles auraient abattu l’avion civil car les ukrainiens auraient tout fait pour provoquer la faute :

    http://www.lemonde.fr/international/article/2014/07/23/crash-du-mh-17-un-chef-separatiste-reconnait-que-les-rebelles-avaient-des-missiles-buk_4461813_3210.html

    • Realpolitik.tv
      Realpolitik.tv25 juillet 2014

      Cette information de Reuter est un faux qui a été immédiatement dénoncé par le chef rebelle. Ce dernier connaissant les médias occidentaux, avait enregistré son interview. Voici le lien pour les russophones :
      http://ria.ru/world/20140723/1017273394.html

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