Jeudi 09 Septembre, 2010
   
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Les célébrations russes du 9 mai ou l’échec de la repentance.



xaviermoreauLes fêtes de la commémoration de la victoire du 9 mai contre l'Allemagne nazie démontrent, ces dernières semaines, à quel point la Russie est unie autour de ce souvenir plein de tristesse et de gloire. Il est abordé par toutes les générations de Russes avec le plus grand respect et la plus grande reconnaissance, vis-à-vis des vétérans de la « grande guerre patriotique ». La chaîne de télévision Russia Today a d'ailleurs recueilli le témoignage émouvant de Roland de la Poype, un Français parti continuer le combat contre l'occupant allemand au sein de l'escadrille Normandie-Niemen. Cette unité autour de la victoire démontre que l'âme du peuple russe n'a été, jusqu'à présent, que superficiellement touchée par les modes de pensée occidentaux. Le patriotisme russe a su résister aux tentations individualistes de la société de consommation et de l'idéologie du désir.

Ce patriotisme se fonde aujourd'hui essentiellement sur la « grande guerre patriotique », considérée à juste titre, comme un sacrifice sans précédent dans l'Histoire. Le Russe, de manière générale, ne « théorise » pas sur son amour de la Patrie, dont il critique sans vergogne et à longueur d'année les dirigeants. Le citoyen russe est méfiant vis-à-vis de l'autorité et ne prend la défense de ses chefs que lorsqu'ils sont critiqués par des étrangers. En revanche la critique de la Russie elle-même, de la mère patrie, est très mal venue. A la question : « pourquoi aimer la Russie », le Russe répondra invariablement : « parce que je suis russe ». Son amour est aussi naturel que celui d'un enfant pour sa mère.

Il existe certes toute une idéologie autour de la mission particulière de la Russie comme troisième Rome, protectrice des peuples chrétiens. La méfiance naturelle des Russes vis-à-vis des idéologies et l'intégration de différents peuples musulmans au sein de la fédération ont rendu cette vision du monde moins pertinente qu'elle ne le fut au XIXème siècle, lorsque la Russie libéra les peuples chrétiens vivant sous le joug ottoman.

La deuxième guerre mondiale est une victoire du peuple russe. C'est ce dernier qui a consenti un effort inouï pour compenser les décisions criminelles et les hésitations de Staline, à commencer par l'élimination de 40 000 des cadres de son armée, la veille de la guerre, et le maintien du rôle prépondérant des commissaires politiques jusqu'à la fin de la bataille de Stalingrad. En hiver 1941 l'armée rouge donne aux alliés leur première victoire contre les Allemands. Joukov, après avoir écrasé l'armée japonaise à Halhin Gol, en août 1939, réussit à encercler pour la première fois l'armée allemande devant Moscou. La Wehrmacht n'évite la débâcle que grâce à l'ordre, pourtant insensé, d'Adolf Hitler, de se faire tuer sur place plutôt que de reculer ainsi qu' à l'incompétence de Staline. Il faut encore deux ans, pour qu'émerge un encadrement pleinement compétent au sein de l'armée rouge. Ces nouveaux cadres ont été forgés dans la guerre contre une des meilleures armées de l'histoire. En juillet 1943, la bataille de Koursk démontre que la supériorité tactique allemande n'existe plus.

Les Russes sont conscients d'avoir fourni le principal effort contre l'Allemagne nazie, qui la première a envahi leur territoire ; comme les Français avaient conscience d'avoir fourni le principal effort contre l'Allemagne prussienne en 14-18. Pendant trois ans, jusqu'au débarquement du 6 juin 1944, les troupes russes, en plaisantant,  appellent les rations envoyées par les alliés « vtoroï front », le second front. Le front de l'est mobilisera en permanence au moins 2 millions de soldats allemands, tandis qu'au plus fort moment, le front de l'ouest n'en mobilisera qu'un million. Les considérations idéologiques et la comparaison entre les totalitarismes communiste et nazi n'entrent pas en ligne de compte et sont considérées en Russie comme une véritable insulte. Dans sa volonté d'ériger le nouveau mur de fer en Europe, les Atlantistes ont su habilement jouer sur le ressentiment anti-soviétique et le transformer en un sentiment anti-russe. Sous l'influence de leurs mentors anglo-saxons, les élites des nouveaux membres de l'OTAN ou celles des pays prétendant, ont équipé leur pays d'instituts et de musées supposés investiguer et commémorer l'occupation soviétique. Même Lech Walesa fut victime de cette épuration. Comme dans la France de la libération, les tribunaux d'épuration sont plus faciles à pourvoir que les rangs de la résistance. En Lituanie on trouve « un musée du génocide », en Géorgie un « musée de l'occupation ». Paradoxalement, au nom de ce principe de réparation, la Russie pourrait demander à Tbilissi, des dommages et intérêts pour le mal que Staline a fait aux Russes. L'armée russe aurait d'ailleurs pu faire passer un message clair, lors de son occupation de la ville de Gori en 2008, en déboulonnant la dernière statue de cet idéologue sanguinaire.

La possibilité que la Russie accepte de dédommager l'un ou l'autre de ces pays est nulle. Le but recherché, outre l'érection du nouveau rideau de fer, est tout autre. La puissance américaine en Europe s'est construite sur les décombres de la civilisation européenne. L'Europe de l'après-guerre ne croit plus en son destin et encore moins à la supériorité de sa civilisation. Les millions de morts des deux guerres mondiales ont brisé cette confiance en soi. L'Europe en tant que civilisation disparaît face à une Amérique, persuadée de son élection divine et une Union-Soviétique qui s'attribue la mission de libérer les peuples colonisés. En 1991, avec 27 millions de morts et la libération d'Auschwitz, la culpabilisation de la Russie par les idéologues atlantistes ne s'annonçait pas comme chose aisée.

Le conflit en Tchétchénie fut une bonne occasion pour manipuler les opinions publiques occidentales, maintenues volontairement dans l'ignorance et persuadées que l'Histoire de l'humanité se résume à un combat entre le Bien et le Mal, le Russe incarnant le Mal et le Tchétchène le Bien. En Russie cependant, ces campagnes de presse n'eurent aucun effet. En Russie, pour détruire la fierté d'être russe, il fallait s'en prendre à la « grande guerre patriotique ». Les mythes de la propagande nazie furent dépoussiérés et remis à l'honneur.

  • Mythe n°1. Les Russes sont incapables de se battre courageusement et efficacement, et s'ils ont gagné, c'est que le NKVD tirait systématiquement sur les fuyards. Cette pratique ne concernait pourtant que les bataillons disciplinaires. En outre, ce fut le retrait des commissaires politiques, donc du NKVD, des centres de décision qui permit au chef de guerre de retrouver la liberté d'initiative nécessaire à la victoire.
  • Mythe n°2. C'est l'hiver russe qui a eu raison des Allemands. La plus grande bataille de chars de la Deuxième guerre mondiale, qui marque la fin de tout espoir allemand sur le front de l'Est, a lieu à Koursk, en juillet 1943.  Le général Von Kleist, commandant le groupe d'armée A dans le sud de la Russie, confiera en 1948 à l'historien anglais Liddell Hart, au sujet des Russes : «Ces hommes furent des combattants de premier ordre depuis le début, et nous avons du nos succès simplement à la supériorité de notre entraînement. Ils devinrent des soldats de premier ordre avec l'expérience. Ils combattaient le plus durement, avaient une endurance extraordinaire, et pouvaient continuer  sans la plupart des choses que les autres armées regardaient comme des nécessités. Leur état major apprit rapidement de ses défaites initiales, et devint bientôt extrêmement efficace».

Ce qui marque l'échec final de cette tentative de culpabilisation du peuple russe, c'est la victoire elle-même. Le peuple français souffre encore de son humiliation de 1940. De son côté, le peuple allemand a fini par accompagner son führer dans un immense suicide collectif, encerclé par l'armée invincible de ceux qui avaient été présentés comme des sous-hommes.

Seule la victoire est grande et le « travail de mémoire » des Russes consiste à ne célébrer que les événements glorieux et à pardonner ou se pardonner les fautes de leur Histoire. Cette force de caractère imperturbable serait une thérapie pour l'Europe occidentale.

Commentaires (13)
  • DanielB  - Les Etats-Unis et les guerres européennes
    Bonjour ,

    Vous écrivez :

    " La puissance américaine en Europe s'est construite sur les décombres de
    la civilisation européenne."



    Victor Marguerite , l'auteur de " La Garçonne " écrivait déja en 1919 :

    "Les Etats-Unis me font penser à un immense champignon vénéneux qui prospère
    sur l'humus des guerres Européennes "



    D'autre part pour les Russes le 9 mai 1945 , c'est" NOTRE victoire , NOTRE
    jour de fête " par opposition au 8 mai 1945 " occidental "

    Cordialement

    Daniel BESSON
  • DanielB  - Une reconciliation entre Slaves et Germains ?
    Bonjour ,

    Je viens de regarder le defilé de la victoire .

    Ce qui m'a marqué c'est l'omniprésence d'Angela Merkel tant auprés du President
    Medvedev que du premier ministre Poutine avec lequel elle a échangé des propos
    durant le défilé des troupes .

    Et , symbole parmis les symboles , l' " Hymne à la Joie " joué par les
    fanfares suivi par " Slavianka " à la fin de la cérémonie .

    Apres la reconciliation Russo-Polonaise que vous avez brillament analysé , cette
    présence me semble au moins sinon plus importante que la poignée de mains
    Miterrand-Kohl .

    Assiste on à la naissance d'un axe Berlin - Varsovie - Moscou duquel la France
    sera la grande absente ?

    C'est quand même désolant de voir notre " hyperprésident " se
    décommander , officiellement , pour des questions d' " intendance " cad
    " La Corbeille" !
  • ANDRE  - Katyn, 9 mai.
    1) Axe "Moscou-Berlin" : si Poutine avait réellement voulu faire quelque
    chose en ce sens, il aurait profité de Katyn, pour réhabiliter les 7 gradés
    allemands accusés du massacre, jugés et pendus par les russes, affaire approuvée
    par les alliés occidentaux à Nuremberg. Les russes auraient également pu dire
    quelque chose sur les 2 000 000 millions de femmes et de filles allemandes, sans
    compter les autres nationalités, violées par leur troupes Libératrices.





    2) Victoire militaire soviétique : la "propagande nazzie" est servie à
    toutes les sauces :je ne sais si Xavier Moreau ment délibérément ou est ignorant
    de tous les éléments nouveau portés à notre connaissance , pourtant bien
    modeste, des évènements de ce terrible front de l'Est :



    - on sait maintenant comment Betchley Park décodait les messages allemands (en
    Crête, en mars 1941, les britanniques connaissaient même l'heure de parachutage
    des fallschirmjaeger !):la STAVKA en a profité au maximum ! Qui niera que le
    renseignement est fondamental dans une guerre ?



    - pourquoi ignorer l'ampleur de l'aide matérielle anglo-américano-canadienne aux
    pays des soviets? elle est proprement immense et cela dès avant la guerre: le
    T34 est un char de conception Christie, les camions GAZ étaient des Ford
    construits sous licence!

    Les occidentaux ont livré 700 000 véhicules aux russes, soit l'équivalent de
    toute la production automobile allemande pendant la guerre ; les pneus
    provenaient d'usines US fournies clés en main; les frontoviks sont arrivés à
    Berlin chaussés de bottes "made in USA", transportés dans des camions
    Studebaker et vétus de gymniastiorka fabriquées avec du tissus "chevron"
    US. Vienne a été conquise par des Shermans soviétiques. Actuellement, les
    collectionneurs sont friands des insignes de grades de l'Armée Rouge fabriqués
    aux USA pendant la guerre! Savez-vous qu'il y avait des missions militaires US
    avec les troupes soviétiques pour les conseiller dans la gestion du matériel
    Lend-Lease? Les américains retrouvèrent de ce matériel face à eux en Corée! Pour
    quelle raison l'Iran a t-il été occupé par les soviéto-britanniques ? Pour
    verrouiller l'approvisionnement crucial de la Russie par les occidentaux! Avec
    la route du pétrole, Stalingrad n'a pas d'autre sens.

    - Quant au système de terreur soviétique sur leurs propres troupes, politrouks
    et "unités de barrage", Staline s'en venta à Churchill à Teheran en 1943
    : "il faut plus de courage au soldat soviétique pour reculer que pour
    avancer". Les massacres de prisonniers allemands dès le 22 juin 1941
    avaient un objectif précis: que la Wehrmacht fasse de même, pour obliger les
    frontoviks à se battre jusqu'au bout.

    - Il y a un autre sujet tabou que X. Moreau n'effleure même pas: 9 historiens
    russophones, dont un russo-israélien, confirment par leurs travaux le fait que
    Staline se préparait à attaquer l'Europe en juillet 1941. Le 22/6/41, l'armée du
    pays des soviets était en plein rassemblement pour l’assaut ; si celle-ci avait
    été en position défensive comme à Koursk, les misérables PzII et Skoda ne
    seraient pas allés très loin. Le plan d'attaque de 1944/45 n’est que celui de
    1941.



    - A propos de l'actualité, la présence de A.Merkel (fille d'un pasteur rouge
    passé à l'Est) à toutes les cérémonies ou l'ancienne Allemagne est
    systématiquement criminalisée, prouve qu'avec nos méthodes contemporaines, les
    enfants de Troie auraient honoré les Grecs libérateurs, les enfants de Carthage
    et d'Avaricum ,les romains, et les enfants de Constantinople, les Turcs...



    L’Europe ne gagnera rien de passer des mensonges américains aux mensonges russes
    !

  • Xavier Moreau  - A André
    Cher Monsieur,

    Merci de votre intérêt, je regrette cependant que vous me traitiez de menteur
    dans votre message.
    Je ne nie absolument pas les faits que vous énoncez ici, notamment que l’aide
    logistique des alliés fut fondamentale pour l’armée rouge. Si vous êtes
    russophone, je vous recommande le film « Transit » (2005) d’Alexandre Rogojkine,
    qui raconte les livraison d’avions en Russie à Tchoukotka par les pilotes
    américains venus d’Alaska. Ce n’est pas un sujet tabou en Russie.
    C’est une chose de livrer des camions, des pneus, des chars et des rations, s’en
    est une autre de charger la Wehrmacht. Les Russes ont combattu de juin 1941 à
    mai 1945, les alliés du 6 juin 1944 au 8 mai 1945, c’est dans ce cadre que les
    Russes considèrent avoir accompli l’effort principal, et je pense qu’ils ont
    raison.
    Je penses que désormais Medvedev et Poutine ont mieux à faire que réhabiliter
    des gradés allemands de demander pardon pour des crimes que personne ne nie et
    ont raison désormais de laisser la question aux historiens. Le modèle de la
    repentance gémissante occidentale est, selon moi, à éviter absolument.
    Staline a tenu des propos méprisants sur les Russes, qu’il haïssaient, toute sa
    vie, ceux qu’il a tenus à Churchill ne me surprennent pas.
    De manière plus générale, mais ce n’était pas le sujet de mon article, il est
    probable que Staline espérait en 1939, que l’Allemagne et la France se battent
    comme en 14-18, pour être libre de conquérir ce qu’il voulait après l’épuisement
    des deux armées. Je pense aussi que Staline se préparait à attaquer l’Allemagne.
    Je ne vois pas en quoi cela contredit mon article.
    Quant-à Madame Merkel, elle fait de la realpolitik et l’Allemagne d’aujourd’hui
    a accompli ses buts de guerre traditionnels en Europe de l’Est, plus
    intelligemment qu’avec Adolf Hitler.
    Je vous recommande le cinéma contemporain russe, financé par les chaines
    publiques et vous verrez que les Russes n’ont pas plus de condescendance
    vis-à-vis des crimes des bolchéviques que vis-à-vis des crimes nazis. Je vous
    promets un article documenté sur ce dernier sujet du cinéma russe.

    XM
  • BLL  - Q
    "Quant-à Madame Merkel, elle fait de la realpolitik et l’Allemagne
    d’aujourd’hui
    a accompli ses buts de guerre traditionnels en Europe de l’Est, plus
    intelligemment qu’avec Adolf Hitler."

    C'est comparer des choses qui n'ont rien à voir. Si Adolf Hitler avait pu
    asseoir l'influence allemande en Europe pacifiquement et par le truchement des
    alliances, il l'eut fait sans hésiter. Le conflit était inévitable pour les
    mêmes raisons qu'en 1914-1918: l'émergence de l'Allemagne comme peuple le plus
    dynamique démographiquement et économiquement du continent, qui plus est au
    milieu du continent. Ce n'est pas un hasard si les Alliés ont été exactement les
    mêmes qu'en 1914-1918 ou presque. La situation était bien différente: Adolf
    Hitler était le contre poids du parti communiste le plus organisé d'Europe,
    parti qui travaillait pour Moscou. L'état d'esprit général, surtout pendant et
    après la guerre d'Espagne était la crainte d'une tentative soviétique de coups
    d'état partout en Europe ou cela était possible. Le tout sur fond d'annexion de
    territoires (Bessarabie, Carélie, Pays Baltes). Dès lors que l'Allemagne rompait
    avec la démocratie de marché, modèle d'importation allié, il était clair que
    cela signifiait la volonté allemande d'être au minimum autonome politiquement en
    Europe et d'incarner une troisième voie, ni communiste ni démocratique. Une voie
    continentale autocentrée et impériale. Ni la Russie ni les Alliés ne pouvaient
    admettre ce qu'ils avaient refusé en 1914.

    Adolf Hitler a essayé de rassembler les peuples germaniques dans une structure
    commune et de briser les états fantoches pro-Alliés qu'étaient la Yougoslavie et
    la tchéquoslovaquie en plus de l'annexion de Dantzig. Hitler incarnait le point
    de vue allemand de la puissance revenant légitimement au mieux placé. En 1935 il
    a proposé un pacte de non agression aux français, pacte demeuré sous silence 1
    semaine le temps de renouer l'alliance franco-russe. Ce faisant la France a
    choisi la guerre plutôt que d'acter de la prédominance allemande en Europe
    Centrale. Et de lancer le continent dans une course à la guerre. Hitler a tenté
    de faire céder les polonais par la pression diplomatique, ces derniers ont cru
    aux promesses anglaises et ont joué la carte de la tension. Les mêmes n'avaient
    pas hésité à appuyer les allemands lorsque ces derniers s'en sont pris à la
    Tchéquoslovaquie pour récupérer des miettes de territoires.

    Hitler savait qu'on ne laisserait pas l'Allemagne s'arroger le leadership
    continent, Angleterre en tête. Pacifiquement ou non. Cependant il pensait que
    compte tenu de l'affaiblissement global des français et des anglais, ces
    derniers n'oseraient pas hypothéquer leurs empires respectifs dans une guerre
    ruineuse pour tous. La déclaration de guerre anglaise le surprit au premier
    chef. Par ailleurs, il savait que si la guerre démarrait, il n'aurait d'autre
    choix que de courir une course contre la montre le poussant à foncer partout le
    plus rapidement possible, faute de quoi les soviétiques ramasseraient la mise
    avec l'entrée en guerre des USA.

    La dissolution actuelle des états tampons conçus sur le mode belge en Europe
    centrale n'est due qu'à la chute de l'URSS et au feu vert américain ainsi, bien
    sûr, qu'aux aspirations des peuples concernés à la souveraineté régionale. Si
    l'Allemagne avait voulu réalisé ces objectifs seule, les USA lui aurait déclaré
    la guerre sur le champ. L'Allemagne a pu le faire uniquement parce qu'elle sous
    traite pour l'empire US.

    Mais surtout cette victoire est une victoire à la Pyrrhus, car à quoi bon
    étendre son influence à l'est quand dans ses propres villes sont des cités
    globalisées peuplés de gens n'ayant rien à voir avec le peuplement originel de
    l'Allemagne ? Si rien ne change, je suis certain que la Russie redeviendra le
    protecteur des peuples de l'est et cette fois ci à leur demande quand ces
    derniers se rendront compte que le danger vient non pas de l'est mais de
    l'ouest.
  • Anonyme
    Je tiens en outre à ajouter que Hitler a voulu détruire le traité de Versailles
    sans aller jusqu'à la confrontation à l'ouest pour lancer sa politique
    anti-bolchevique et continentale à l'est. Pour cela il a détruit dans son parti
    les éléments pro-russes et socialistes (Strasser, Roehm), donnant des gages aux
    élites traditionnelles allemandes, puis détruit le parti le plus pro-russe, le
    PCA. Il a essayé de se concilier français et surtout anglais dans une sorte
    d'alliance tacite pour la sauvegarde des intérêts européens dans le monde. Ces
    derniers ont préféré s'opposer à l'Allemagne quitte à pousser l'Europe dans le
    gouffre. Ce qui s'est effectivement passé. À n'en pas douter l'Allemagne a voulu
    passer en force et est responsable à 50% du conflit mais non à 100% comme on le
    dit trop souvent. Et c'est en outre oublier qu'Hitler voyait très bien l'URSS
    devenir la première puissance militaire mondiale, URSS ne pouvant survivre que
    dans l'expansion tous azimuts. Hitler a même essayé de temporiser en testant les
    visées russes. Lorsqu'il a reçu Molotov le chancelier allemand a proposé aux
    russes libre accès à l'Océan Pacifique voire aux possessions coloniales
    britanniques. Ces derniers lui ont sèchement répondu: Finlande, Bulgarie,
    Turquie. Dès lors, un conflit était inévitable puisque cela traduisait pour les
    russes leur objectif fondamental de poussée en Méditerranée ainsi qu'à l'ouest.
  • Louis  - Vive l'amitié franco-russe!
    Bonjour à tous;

    Je nourris depuis longtemps déjà une grande admiration pour la Russie et les
    Russes; certes, il existe bien sûr des zones d'ombres...
    Enfant, la Révolution de 1917, la chute des Romanov, l'URSS, me donnaient déjà
    instinctivement la nausée.
    Sans être un spécialiste, je rêve d'une amitié solide entre la France et la
    Russie; il me semble qu'elle serait plus "naturelle" et enrichissante
    que l'Atlantisme.

    Merci pour la qualité de vos articles.

    Louis
  • calentica  - les celebrations russes..........
    BLL Q & Anonyme devraient etre embauches immediatement
  • bismarck  - bataille de Koursk
    Concernant la bataille de Koursk, les russes disposaient d'un avantage plus que
    décisif : les plans complet de l'offensive allemande fourni par le célèbre
    orchestre rouge. Les russes ont donc pu adapter leur système défensif en
    conséquence.

    Sans la connaissance des plans allemands, la guerre à l'Est aurait pris une
    tournure toute différente.

  • Xavier Moreau  - reponse à Bismarck
    En effet, le renseignement soviétique était bien supérieur au renseignement
    allemand, mais cela n'a pas été un élément aussi déterminant dans cette
    bataille, que Léon Degrelle a bien voulu le dire. Les soviétiques l'ont emporté
    grâce à leur maîtrise supérieure de la planification opérationnelle.

    Le meilleur ouvrage et le plus récent sur la bataille de Koursk est celui de
    Jean Lopez : http://www.canalacademie.com/ida3833-Koursk-la-plu
    s-grande-bataille-de.html



    Pour ce qui est de réécrire l'Histoire, si... Hitler avait cru ses services de
    renseignement, overlord aurait échoué... Si... Staline avait cru les siens,
    l'armée rouge n'aurait pas été enfoncée en 1941, comme elle l'a été... etc.
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